jeudi 3 juillet 2008

Virelangue

Un virelangue est une locution (ou une phrase ou un petit groupe de phrases) à caractère ludique, caractérisée par sa difficulté de prononciation ou de compréhension orale, voire des deux à la fois. On parle aussi de trompe-oreilles lorsqu'une phrase est difficile à comprendre et donne l'impression d'être en langue étrangère.

Les virelangues peuvent servir d'exercices de prononciation dans l'apprentissage du français langue étrangère, sachant par exemple qu'une phrase contenant beaucoup de [j] ou mêlant des [l] et des [r] sera particulièrement difficile à articuler pour une personne de langue maternelle japonaise. Certains virelangues sont construits pour amener une personne à dire une obscénité lorsqu'ils sont prononcés plusieurs fois de suite.

Le mot virelangue[1] est un néologisme et un calque du mot anglais tongue twister (qui fait tordre la langue). Mais il désigne un type de jeu de mots lui-même très ancien.

Sommaire

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Exemples de virelangues [modifier]

  • Ces six chauds chocolats-ci sont-ils aussi chauds quand ces six chocolats-là font leurs show ?
  • As-tu vu le ver vert vers le verre en verre vert ?
  • Je veux et j'exige d'exquises excuses !
  • J'mouille mes coudes, mes coudes s'mouillent ?
  • J'mouille mes coudes, mes coudes mouillent, est-c'-que j'mouille mes coudes ?
  • Six fûts six caisses, le doigt dans le trou du fût, la main entre les caisses.
  • Blés brûlaient, brûlent les blés.
  • Ces cyprès sont si loin qu'on ne sait si c'en sont.
  • Je m'étais caché pour charcuter mon steack caché auprès duquel je m'estais caché.
  • Chez les Papous, il y a des Papous papa et des Papoux pas papa. Il y a aussi des Papous papa a poux et des Papous papa pas à poux. Il y a encore des Papous papa a poux papa et des Papous pas papa a poux paspapas.
  • Combien coûtent ces six cent six saucissons-ci ?
    – Ces six saucissons-ci sont à six sous.
  • Si ces six-cent saucissons-ci sont six-cent sous, ces six-cent-six saucissons-là sont six-cent-six sous.
  • Si six scies scient six saucissons, six cent six scies scient six cent six saucissons.
  • Didon dîna dit-on du dos dodu de dix dodus dindons.
  • Dis-moi grosgrasgrandgraind'orge, quand te dégrosgrasgrandgraind'orgeras-tu ?
    – Je me dégrosgrasgrandgraind'orgerai quand tous les grosgrasgrandgraind'orges se dégrosgrasgrandgraind'orgeront.
  • Dis-moi, petit pot de beurre, quand te dépetipodebeurreriseras-tu ?
    – Gros pot rond de beurre, je me dépetipodebeurreriserai quand tous les petits pots de beurre se dépetipodebeurreriseront. Et auront dégrospotsronddebeurrerisé tous les gros pots ronds de beurre.
  • Il était une fois,
Une marchande de foie,
Qui vendait du foie,
Dans la ville de Foix.
Elle se dit ma foi,
C'est la première fois
Et la dernière fois,
Que je vends du foie,
Dans la ville de Foix.
  • J'ai la bouche rouge et sèche.
  • Je dis que tu l'as dit à Didi, ce que j'ai dit jeudi.
  • Je suis un original qui ne se désoriginalisera jamais.
  • Je veux et j'exige du jasmin et des jonquilles. Variantes : Je veux et j'exige Jésus chez Zachée.
  • Kiki était cocotte, et Koko concasseur de cacao. Kiki la cocotte aimait beaucoup Koko le concasseur de cacao. Mais Kiki la cocotte convoitait un coquet caraco kaki à col de caracul. Koko le concasseur de cacao ne pouvait offrir à Kiki la cocotte qu'un coquet caraco kaki mais sans col de caracul. Or un marquis caracolant, caduque et cacochyme, conquis par les coquins quinquets de Kiki la cocotte, offrit à Kiki la cocotte un coquet caraco kaki à col de caracul. Quand Koko le concasseur de cacao l'apprit, que Kiki la cocotte avait reçu du marquis caracolant, caduque et cacochyme un coquet caraco kaki à col de caracul, il conclut : je clos mon caquet, je suis cocu !
  • La grosse cloche sonne.
  • Tas de riz, tas de rats ; tas de riz tentant, tas de rats tentés ; tas de riz tentant tenta tas de rats tentés ; tas de rats tentés tata tas de riz tentant.
  • La jolie rose jaune de Josette jaunit dans le jardin.
  • La pie niche haut, l'oie niche bas, mais où niche l'hibou ? L'hibou niche ni haut ni bas.
  • La vache mâche sans relâche dans le champ où le chien niche tout en léchant son chiot naissant.
  • L'abeille coule.
  • Lara râle-t-elle ? Oui, Lara râle après le rat roux en riant.
  • L'assassin sur son sein suçait son sang sans cesse... Ciel ! Si ceci se sait, ces soins sont sans succès.
  • Le blé se moud-il ? L'habit se coud-il ? Oui le blé se moud, Oui l'habit se coud.
  • Le fisc fixe des taxes excessives au luxe et à l'exquis.
  • Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ? Archisèches !
  • Les soldats se désolidarisèrent-ils ?
  • L'eusses-tu cru que ton père fut là peint ? Il était trop homme de terre pour aimer l'état marin.
  • Natacha n'attacha pas son chat Pacha qui s'échappa. Cela fâcha Sacha qui chassa Natacha.
  • Papier, panier, piano.
  • Pars à Paris, papa t'y paiera l'opéra.
  • Pas de dessert dans le désert.
  • Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine)
  • Qui sont ces six sages Suisses ?
  • Seize jacinthes sèchent dans seize sachets sales.
  • Si six scies scient six cyprès, alors six cent six scies scieront six cent six cyprès.
  • Si ton tonton tond ton tonton, ton tonton tondu sera.
  • Suis-je chez ce cher Serge?
    Suis-je bien chez ce cher Serge ? Il fait si chaud chez ce cher Serge.
    Suis-je bien chez ce cher Serge ? Je cherche ce cher Serge.
    Suis-je bien chez ce cher Serge que je cherche ?
    Suis-je chez ce cher Serge, qui se sert en cierges chez son sergent-chef ?
    Je suis ce soir chez ce cher Serge.
  • Tic et Tac ont chacun leur tactique :
    Tic pique Tac quand Tac attaque Tic,
    Tac pique Tic quand Tic attaque Tac.
  • Ton thé t'a-t-il ôté ta toux ? disait la tortue au tatou.
    — Mais pas du tout, dit le tatou, je tousse tant que l'on m'entend de Tahiti à Tombouctou.
    — Oui, mon thé m'a ôté ma toux.
  • Truite cuite, truite crue...
  • Trois petites truites cuites, trois petites truites crues.
  • Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien.
    Un chasseur sachant chasser le chat sauvage sans son chien est un bon chasseur.
    Un chasseur sachant chasser sans son chien est un sacré chasseur.
    Un chasseur sachant chasser sans son chien le chat sauvage est un bon chasseur.
    Un chasseur sachant chasser son chat sans son chien de chasse est un bon chasseur.
    Qu'un chasseur sachant chasser sur ses échasses sache chasser sans son chien de chasse !
    Un chasseur sachant chasser ne chasse jamais sans son chien.
  • C'est un chasseur français sachant chasser sans chien, sachant chasser dans les branchages desséchés. C'est un chien sans chichi... — Le chien de Sacha, chanson de Gaston Ouvrard.
  • Un dragon gradé dégrada un gradé dragon.
  • Un pêcheur pêchait sous un pêcher mais le pêcher empêcha le pêcheur de pêcher.
  • Vous qui macadamisez cette route, quand la démacadamiserez-vous ?
  • Zazie causait avec sa cousine en cousant.
  • Jeudi ça me dit. Je dis Samedi.
  • Sam dit : « Samedi, ça me dit ! »
  • Qu'a bu l'âne au quai ?
    — L'âne a bu l'eau.
  • C'est quoi, la leçon à savoir ?
    La leçon à savoir, c'est :
    Si une saucisse et un saucisson sont ensemble sec, c'est sans un seul sens !
    Si c'est cette leçon-là à savoir, c'est super simple !
  • Si le linoléum se délinoléomait, comment le relinoléumerait-on ?
  • J'ai bu un bien bon verre de bien bon vin blanc vieux.
  • Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu !

Bibliographie [modifier]

  • Christian Nicaise, Les Virelangues du français, L'Instant perpétuel, Rouen, 2005. ISBN 2-905598-86-7.
  • Achille le Chien : + De 160 nouvelles phrases pour s'amuser à bien ar-ti-cu-ler — L.Gaulet.
  • Petit livre de Kiki la cocotte qui convoitait - L. Gaulet.
  • S'amuser à bien ar-ti-cu-ler : Sacha le Chat - L.Gaulet.
  • S'amuser à bien ar-ti-cu-ler : Tutti la Tortue - Laurent Gaulet.

Notes et références [modifier]

  1. ↑ Le linguiste Claude Hagège a aussi proposé le mot fourchelangue, forgé d'après l'expression « la langue m'a fourché », pour désigner ce type de piège phonétique. L'Homme de paroles, Fayard, Paris, 1985, p. 86.

Articles connexes [modifier]

  • Trompe-oreilles
  • Allitération : répétition de sons consonantiques, par exemple : « Ce serpent serpentant sans soulier. »
  • Assonance : répétition de sons vocaliques, par exemple : « Le pacha se pencha, attrapa le chat, l'emmena dans sa villa et le plaça près du lilas. »

Liens externes [modifier]

Diction

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Dans une acception large[réf. nécessaire], la diction fait référence à la qualité orale d'une lecture ou d'une prise de parole improvisée. Le terme élocution est un synonyme de ce sens.

Dans un sens plus spécialisé[réf. nécessaire], la diction est l'art ou la discipline qui consiste à prononcer en parlant ou en chantant un texte, en général lu ou appris par cœur (dans le deuxième cas on emploie aussi le terme récitation), à haute voix dans le but de le rendre le plus compréhensible possible aux auditeurs. Elle sous-entend donc une application certaine par rapport à la simple énonciation (de paroles improvisées).

L'emploi d'une diction améliorée est le plus souvent le corollaire d'un registre (choix des mots et des formules) de langue plus soutenu.

Dès qu'une personne réalise, en français, des liaisons non-obligatoires, emploie la forme écrite de certains mots (par exemple « cela » au lieu de « ça ») et plus généralement réduit la fréquence de son élision de schwas (en prononçant Le Petit Poucet au lieu de Le P'tit Poucet), enfin dès qu'elle emploie les modes peu usités de la conjugaison, notamment le subjonctif, cette personne se livre à un exercice de diction.[réf. nécessaire]

La lecture de la poésie versifiée et rimée est un exercice de diction exigeant. Au contraire, et en étant proche du précédent par ses rimes et par le respect qu'elle impose du nombre de pieds correspondant à la mélodie (mais moins rigidement qu'en poésie), la chanson est probablement l'exercice de diction que rencontre les plus souvent les gens.

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Pratique de la diction [modifier]

La pratique de la diction, ou l'intérêt pour cet art sont difficiles à délimiter. Voici une tentative d'énumération basée sur la séquence habituelle de rencontre de cette discipline pour l'individu moyen (qui ne rencontrera le quatrième niveau que s'il s'y spécialise).

Exercices de diction [modifier]

Le premier contact d'un enfant francophone avec la diction est souvent la rencontre avec des « exercices amusants » (Virelangue) tels que :

  • « Un chasseur sachant chasser »,
  • « Les chaussettes de l'archiduchesse »,
  • « Dinon dîna dit-t-on du dos d'un dindon dodu »
  • etc.

Le jeu est d'éviter le bafouillage, compliqué par la juxtaposition de mots difficiles à prononcer ou comportant des inversions de consonnes (« piano, panier »), que de s'entraîner réellement à la diction de vraies phrases.

Scolarité [modifier]

Durant leur scolarité, les enfants rencontrent la diction sous deux formes :

  • la récitation ;
  • la dictée qui impose une bonne diction de la part d'une personne (leur instituteur en général).

Dictionnaire [modifier]

La plupart des dictionnaires sont des lexiques, et donnent rarement la prononciation des mots qu'ils définissent, ce que font toujours en revanche les dictionnaires bilingues, destinés aux étrangers, souvent sous une forme empirique. Quand la prononciation est donnée, l'alphabet phonétique international est employé. Étant donné que les mots français ont souvent, compte tenu du phénomène de liaison, plusieurs prononciations, il conviendrait également d'employer pour notre langue une notation permettant de noter ce fait, ce qui est le cas dans Le Robert.

Théâtre, cinéma, presse parlée [modifier]

La diction est enseignée dans les milieux du théâtre, quelquefois les conservatoires de musique.

Métiers concernés par la diction [modifier]

(liste non exhaustive)

Le paradoxe de la diction [modifier]

Dans la langue française, la norme orthographique est sujette à maintes discussions. Paradoxalement, une impasse semble faite, sur le soin apporté à la langue orale. En fait, la plupart des Français, même instruits, ont une représentation écrite de la langue, représentation en grande part due à l'insistance du système scolaire sur cet aspect.[réf. nécessaire]

Le français est une des rares langues difficile à maîtriser par ses propres locuteurs natifs.[réf. nécessaire] Le phénomène dit de liaison ne semble exister dans aucune autre langue.[réf. nécessaire] Certains[réf. nécessaire] l'assimilent à un sandhi externe, mais un sandhi est régulier alors que la liaison est irrégulière.

Les « accents » du français [modifier]

Le français est parlé avec différents « accents », quelquefois « sans accent ».

Quand le français est parlé « sans accent », sans donner plus de précision, cela veut en fait dire « sans accent étranger ». De même si une personne parle français « avec un léger accent », cela veut dire « avec un léger accent étranger ». Il est connu[réf. nécessaire] en effet que toute personne ayant appris une langue après l'adolescence n'arrive jamais à éliminer certaines particularité de sa diction, notamment aux niveaux phonologiques, phonétiques et prosodiques qui sont immédiatement et impitoyablement perçues par les locuteurs natifs comme « exogènes ».

Par ailleurs, certains locuteurs ont un accent qui n'est pas réellement détecté comme étranger mais comme « particulier » par rapport au français de référence. C'est en général un accent régional. Cette détection se fait particulièrement au niveau de variations de la prosodie.

Certains linguistes[Qui ?] ont décrit la situation de la francophonie de la manière suivante, en trois zones concentriques :

  1. Au centre du complexe, on trouve les populations 1 qui parlent actuellement le français comme première ou deuxième langue et qui ont comme substrat familial ou comme première langue une langue d'oïl (en particulier, le picard, le wallon) ou une langue franco-provençale. Paradoxalement, il faut adjoindre à ce groupe les populations bretonnes, ayant à l'origine un substrat celtique mais ayant toujours été entourées par les populations 1. Ces populations 1 parlent ce qu'on appelle le français standard (quoique localement le r roulé puisse subsister, rendant la forme locale typée selon les critères dominants) et en particulier manifestent dans leur parler l'intégralité du système phonologique, qui comprend jusqu'à seize voyelles sans compter les diphtongues (au sens phonologique, car certains phonéticiens[réf. nécessaire] ne reconnaissent pas leur existence en français).
  2. Deuxièmement on trouve les populations 2 qui parlent actuellement le français comme première ou deuxième langue et qui ont comme substrat familial ou comme première langue une langue d'oc ou une autre langue latine (occitan, gascon, catalan, corse) ou sont entourés historiquement par de telles langues (pays basque) ou plus rarement par des langues germaniques. Ces substrats donnent les français parlés avec l'accent « du midi » ou « méridionaux » ou accent flamands, alsacien etc.
    Ces dernières formes du français du Midi différent suffisamment du français standard pour que le linguiste Noël Nguyen distingue de fait deux français : le northern french ou français du nord et le southern french ou français du sud. Dans la forme de français méridional, distinguées par lui par son système phonologique à onze voyelles, c'est avant tout la modification importante de la prosodie, plus que celle du système phonologique, qui est en réalité détectée par les non-linguistes.
  3. À la périphérie de ce complexe des Français se trouvent les parlers français ultra-marins 3 dont les caractéristiques se rapprochent des langues avec lesquels ils sont en contact, langues africaines, langues asiatiques, langues amérindiennes, et aussi langues créoles issues du français. Ces formes ont en commun avec les parlers 2 de n'avoir que onze voyelles (sans préjudice de leurs diphtongues) voire dix.
    Bien que situés outre-mer, par rapport à la souche, les français parlés en Amérique du Nord ressortissent évidemment de la première catégorie, étant issus de la souche de la langue française, et ont des systèmes vocaliques comparables mais se rattachent peut-être par d'autres traits phonétiques à la troisième par leur longue cohabitation avec l'anglais.

Cette description statique, d'emblée rejetée par certains auteurs comme trop normative, aurait pourtant été à peu près justifiée pour la première moitié du XXe siècle mais ne correspond plus vraiment à la situation actuelle du français, compte tenu des schémas modernes de migration.

Le tableau ne serait pas complet sans parler de la généralisation du « métissage » linguistique intra-familial, qui réunit dans les mêmes foyers des parents eux-mêmes issus ou originaires de familles issues de zones différentes de la francophonie. Les générations issus de ces foyers présentent en général des accents normalisés (parisianisés) en ce qui concerne la prosodie mais très différents du point de vue phonologique, avec une tendance à l'adoption de la norme phonologique la plus lâche ce qui conduit à l'apparition d'un français qui n'est ni du Nord ni du Sud, mais est un français simplifié.

La langue parlée subit néanmoins une forte pression scolaire, culturelle et sociale qui, en raison de l'absence de système de référence clairement édifié, se base uniquement sur les perceptions superficielles. En clair ce sont donc les accents (au sens d'accents perçus) différents de l'accent standard qui sont stigmatisés, tournés en dérision, déconsidérés.

On remarque que certains chanteurs, probablement parce qu'ils ont étudié la rime, ont enrichi leur système phonologique pour se rapprocher du français standard tout en préservant au maximum leur prosodie méridionale.

La progression du français simplifié [modifier]

On remarque que le Trésor informatisé de la langue française[1], un site officiel du CNRS donne aujourd'hui deux prononciations pour le mot mes (qui serait toutefois homonyme de mais, mets) alors que le Littré n'en donnait qu'une seule.

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Elision de schwas

(en prononçant Le Petit Poucet au lieu de Le P'tit Poucet)

Élision


Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L’élision est un type d’apocope, qui sont toutes deux des modifications phonétiques ressortissant aux métaplasmes. Elle consiste en l’amuïssement de la voyelle finale d’un mot devant un autre mot à initiale vocalique (en d’autres termes, l’effacement d’une voyelle en fin de mot devant la voyelle débutant le mot suivant) ; c’est une possibilité de résolution de l’hiatus (comme la liaison) et donc, pour le coup, aussi une forme de synalèphe.

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Élision en français [modifier]

L’élision est obligatoire en français pour le phonème /ǝ/ (dit « e caduc » ou « e muet ») en fin de mot devant une voyelle ; elle est alors parfois notée dans l’orthographe par une apostrophe. L’élision n’est en effet représentée graphiquement que pour certains mots, parmi lesquels :

  • le : le + arbre → l’arbre ;
  • de : de + arbre → d’arbre ;
  • ce (pronom) : ce + était → c’était,
  • etc.

Dans la plupart des cas, elle n’est pas écrite mais bien prononcée : chante avec moi → chant’avec moi, tu chantes + avec moi → tu chant’avec moi, ils chantent + avec moi → ils chant’avec moi. Dans le vers poétique français, l’élision du « e caduc » suit des règles strictes (décrites dans l’article sur le vers), pour des raisons métriques, en fin de mot devant voyelle ou en fin de vers :

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle (Pierre de Ronsard)
=
Quand vous serez bien vieill’, au soir, à la chandell’

La lecture correcte d’un vers passe par celle des liaisons. Or, s’il est normal de prononcer tu manges enfin comme tu mang’enfin (le s de -es n’appelle pas la liaison), dans un vers classique il faudra lire tu mange-z-enfin, avec e « caduc » et liaison.

D’autres voyelles peuvent être concernées, comme /i/ dans si : si + il → s’il. Les élisions d’autres voyelles que le e « caduc » sont rares et toujours écrites, sauf dans la langue parlée, dans un registre courant : tu es sera réalisé [te], qu’on pourrait transcrire t’es.

L’élision permet donc d’éviter l’hiatus mais ce n’est pas le seul procédé disponible. En français toujours, l’hiatus peut aussi être éliminé par l’insertion d’une consonne euphonique. Par exemple, ce, quand il est déterminant devient cet (par imitation du féminin) : ce + arbre → cet arbre, ou bien dans donne-t-il.

Disjonction [modifier]

Certains mots débutant par une voyelle ne peuvent être précédés d’un autre mot élidé. On dit dans ce cas qu’il y a disjonction. Les disjonctions les plus fréquentes en français sont dues à la présence d’un h « aspiré », qui interdit tout enchaînement entre deux mots (liaison ou élision). Par exemple, haricot commence par un tel h : on doit donc dire le haricot /lə aʁiko/ et non *l'haricot /laʁiko/ (dans la langue familière, le h « aspiré » est souvent omis).

D’autres empêchent l’élision sans commencer par un tel h : ce sont des mots fréquents et monosyllabiques dont on a voulu conserver l’identité : onze, un (quand il est numéral et non article (grammaire)), huit (mais on fait la liaison dans les nombres composés : dix-huit /diz‿ɥit/, vingt-huit /vɛ̃t‿ɥit/). Par exemple, on dira le Onze de France, je compte de un à trois, numéro gagnant : le huit).

Orthographe [modifier]

L’apostrophe est le symbole typographique propre à l’élision. Même si toutes les élisions n’en sont pas marquées, toute apostrophe procède de l’élision.

Or, dans certains mots composés, elle est fautive. Presqu’île est correct, mais les graphies anciennes grand’mère, grand’rue ou la graphie actuelle prud’homme ne sont pas motivées. En effet, il n’y a étymologiquement pas de -e élidé que l’apostrophe remplacerait. Grand dans les mots composés dont le deuxième terme est féminin (mère, rue) est un ancien féminin (grant en ancien français, écrit grand plus tard). Grand-mère et grand-rue sont donc des constructions archaïques qui ne nécessitent pas l’apostrophe. Le 9e dictionnaire de l’Académie française autorise la graphie grand’mère[1]. Quant à prud'homme, il devrait s’écrire soit prud homme soit prudhomme car c'est un mot composé d’une forme archaïque de preux, à savoir prod, sans e final (c’est un masculin).

Création de nouveaux mots par élision [modifier]

L’élision peut être à l’origine de nouveaux mot issus d’une agglutination puis d’une métanalyse : moyen français ma + amie → m’amie est interprété en français moderne mamie, réinterprété ensuite par métanalyse en ma + mie.

Dans d’autres langues [modifier]

L’élision ne se limite pas au français ; de nombreuses langues la pratiquent, comme le latin (sans notation particulière ; l’élision se découvre grâce à la scansion de vers), le grec (notée par une apostrophe), le gaélique, l’italien (avec apostrophe écrite), etc.

Notez que l’apostrophe ne représente pas systématiquement une élision : celle de l’anglais I’m « je suis » sert à remplacer la voyelle a de am, tombée par aphérèse, celle dans doesn’t (pour does not) l’étant par amuïssement au sein d’un groupe de mots univerbés. Aucune n’est une voyelle finale devant voyelle initiale.

Notes et références [modifier]

Articles connexes [modifier]



Schwa


Le terme schwa /ʃva/, qui est la transcription d'un mot hébreu (שווא, suivant l'orthographe moderne) signifiant « vain » (comme « en vain », « vacuité »), est employé en linguistique pour désigner la voyelle neutre, centrale, notée [ə] en alphabet phonétique international.

Cette voyelle existait autrefois en français, mais s'est transformée dès l'époque classique en « e caduc » (ou « e muet ») qui soit se rapproche de [œ] (mais certains phonéticiens le notent néanmoins [ə][1], cf. infra), soit ne se prononce pas du tout. On la trouve fréquemment en position atone dans d'autres langues romanes, comme le portugais de Lisbonne, le roumain, certains dialectes italiques centraux-méridionaux (Campanie, Abruzzes, etc.)

On la trouve aussi en anglais (la majorité des voyelles non accentuées s'y réalisent ainsi), dans la plupart des dialectes bretons et dans beaucoup d'autres langues.

On considère souvent qu'il existe des variantes de schwa ; ces variantes sont notamment dues à la "coloration" apportée par les consonnes adjacentes: on parle alors de "schwa" antériorisé ou postériorisé (les phonéticiens russes les notent respectivement [ь] et [ъ]); l'avatar moderne du schwa français mentionné plus haut peut aussi être décrit comme un "schwa arrondi" (labialisé).

Le caractère ə (et Ə en capitale) est aussi utilisé dans l'écriture de l'azéri dans l'alphabet latin adopté peu après l'indépendance de l'Azerbaïdjan (Azərbaycan) dans la dernière décennie du XXe siècle. Donné comme intermédiaire entre le a et le è français ce ə azéri correspondrait au [æ] de l'alphabet phonétique et non au [ə] de l'alphabet phonétique.

Références [modifier]

  1. ↑ Par exemple Pierre R. Léon, dans son manuel Phonétisme et prononciations du français, Paris, éd. Fernand Nathan, coll. "Université" (Série "Linguistique"), 1992, passim.

dimanche 29 juin 2008

DOC GYNECO contre l'antisémitisme

upjf.org - David Reinharc / Israël magazine
dimanche 20 mai 2007

Cette défense des Juifs de la part de deux personnalités qui ne le sont pas - Christine Angot et Doc Gynéco - a quelque chose de très émouvant. Je crois que cette attitude - plus répandue qu'on ne le croit - a sa source dans le sens de la justice et de la vérité. Pour moi ce sont des Justes des nations. On ne mesure pas assez le courage qu'il faut à ces deux-là, et surtout à Doc Gynéco, pour ramer ainsi à contre-courant d'une opinion hostile à Israël et aux Juifs, ou trop lâche pour marquer leur différence en se distançant des propos antisémites et/ou anti-israéliens. (Menahem Macina).
"Le rap, c'est le bras armé du djihad" ; "Quand les jeunes de banlieue voient des fours et des charniers, ils adorent cela!" ….


Doc Gynéco ne tait rien de ce qu'il a envie de dire. Pour lui, né justement à la périphérie de Paris, les "jeunes de banlieue ont besoin de tuer en vrai. De voir le sang", tandis que pour Christine Angot [1], "nous sommes encore dans la France du Chagrin et de la Pitié" [2].

Après le meurtre d'Ilan Halimi, la vague d'antisémitisme, l'opprobre jeté au visage de la petite nation israélienne, il paraît clair que le monde, après lecture de cet entretien, a déclaré la guerre aux Juifs. Et chacun va devoir choisir son camp, le refus de choisir étant lui-même un engagement.

Sartre disait qu'"on n'avait jamais été aussi libre que sous l'Occupation".
On peut lire ces propos dérangeants avec détachement ou alors se dire : et si c'était vrai ? On n'a jamais été aussi libre.


David Reinharc [3] : Le rap est-il devenu un instrument de propagande ?
Doc Gynéco : En réalité, il ne milite plus ni pour le hip hop ni pour le public : le rap s’est aujourd’hui islamisé. Akhenaton est musulman, comme de plus en plus de rappeurs. Ils sont en guerre : le rap, c’est un peu le bras musical armé du djihad.

Christine Angot : Quand des gens prennent la parole, certains peuvent s’imaginer que le fait de dénoncer les met hors du processus violent…

Doc Gynéco : Ils gardent le sentiment d’être des artistes, même s’ils sont manipulés. Ils se sentent tous communistes, éducateurs du peuple, professeurs des jeunes de banlieue. Ils ne savent pas ce que parler veut dire. Ils portent un tee-shirt du GIA ou de Ben Laden comme on porte un tee-shirt du Che. Par contre les rappeurs qui s’en sont sortis ont conscience de cette manipulation.

David Reinharc : Diams, on a plutôt le sentiment que ce qu’elle pense est en adéquation avec ce qu’elle chante….

Doc Gynéco : Oui, elle y croit. Elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit. Mais I AM , il sait ce qu’il fait. Pourtant, ils font un art entièrement inspiré des Noirs Américains. Mais ça ne les intéresse plus depuis dix ans. Ils sont manipulés par la violence, par les films d’action, mais c’est une violence organisée et structurée de kamikazes, pas une violence de vrai révolutionnaire. Je baise la France : tous les rappeurs de Marseille à Paris chantent ça comme un seul homme.

David Reinharc : Se faire dynamiter s’apparente à de la résistance : le groupe de rap Sniper…

Doc Gynéco : Vous citez une phrase plutôt gentille. Ca me rend triste. Je suis contre l’islamisation du rap.

David Reinharc : Il existe malgré tout des groupes, doués et militants, qui savent très bien ce qu’ils font : Médine, l’album Jihad, Kamelancien, Keny Arkana, qui vient de l’extrême-gauche, instrumentalisent le rap à des fins de propagande politique…

Doc Gynéco : Moi, le terrorisme, j’ai fini d’y croire quand une bombe a explosé à Tati Barbès.

David Reinharc : Parce qu’avant, vous y croyiez ?

Doc Gynéco : Je pouvais croire, oui, à une forme de révolte par les armes.

David Reinharc : Contre qui ?

Doc Gynéco : Jean Moulin ! Vichy. « Pour plus de justice » etc. Mais l’attentat à Barbès m’a profondément heurté : des arabes tuaient des arabes. Ceux d’Algérie d’il y a pas longtemps. Je peux comprendre l’attentat de Port-Royal, même la prise d’otage des Juifs par les Palestiniens mais la bombe à Tati Barbès, là, je ne saisis plus.

David Reinharc : Des « victimes innocentes » ?

Doc Gynéco : On peut dire ça comme cela… On ne comprend plus leur combat.

Christine Angot : Dans un propos artistique, la question de la complaisance se pose toujours, mais je ne pense pas que les textes des artistes soient responsables des actes réels. Même la musique militaire n’est pas responsable des guerres.

David Reinharc : J’ai posé une allumette près d’une flaque d’essence, mais ce n’est pas moi qui ai mis le feu…?

Doc Gynéco : Médine, c’est pourtant le genre de personne qui poserait une bombe à Tati Barbès. L’Histoire, contrairement aux jeunes, il la connaît. Il sait, lui, ce que veut dire Jihad, pas les jeunes. Il utilise des moments essentiels pour les islamistes et il les met en musique. Cela a un impact latent, vicieux, sournois.

Christine Angot : Avoir un propos sur une réalité violente, c’est intéressant. En revanche, esthétiser cette réalité, ce n’est intéressant ni pour la société ni pour l’art.

Doc Gynéco : Sous couvert des idées communistes, le rap met en musique l’islamisme et les actions d’Al Qaïda.

David Reinharc : Dans le rap, on trouve le vocabulaire de l’islam contre l’Occident et aussi, paradoxalement, le culte de la société de consommation…

Doc Gynéco : C’est là qu’ils sont de droite. Ils ont oublié ce qu’est le rap américain. Mais c’est vrai que la tendance, dans le rap, est la conversion à l’islam. On se convertit à l’islam pour entrer dans le rap. Ce qu’ils aiment toujours, dans le rap des Noirs Américains, c’est la flambe et les femmes. Mais le message de paix s’est effacé. Le rap intello, ça n’existe pas.

David Reinharc : A l’exception d’Abd Al Malik – soufi, et qui n’est donc pas salafiste…

Doc Gynéco : Oui, lui je l’aime bien, mais il est arrivé en 2007.

David Reinharc : Vous-même, faites-vous un « rap de droite » ?

Doc Gynéco : Ce qui fait dire que tu es de droite quand tu es rappeur, c’est la façon dont tu vas gérer ton argent. Ne pas oublier qu’on n’en a jamais eu. On a donc un rapport avec l’argent, lié à la flambe.

Christine Angot : Oui, mais la flambe ce n’est pas une attitude bourgeoise…

Doc Gynéco : Les nouveaux rappeurs ont tous les codes des gens de droite : le cigare, le champagne, la bagnole…

David Reinharc : On trouve dans les textes de rap – Kamelancien, I AM, Sniper… - beaucoup de textes haineux contre Israël et les Juifs. Avec aussi un clip qui met en scène une liquidation d’Américains…

Doc Gynéco : On est en train de rendre les jeunes de banlieue complètement fous. Scorcese, les Affranchis, etc., ça pouvait se situer dans une esthétique qu’on n’aime pas, mais il y avait au moins des valeurs.

Christine Angot : Est-ce que c’est l’apanage du rap ? C’est l’ensemble de la société qui est concerné par l’antisémitisme.

David Reinharc : Mais pourquoi le rap est-il venu se cristalliser sur la question juive ?

Doc Gynéco : On utilise l’extrême gauche à de mauvaises fins. Ils critiquent l’argent, la bourgeoisie, les riches et donc, dans l’imaginaire collectif, les Juifs. On a réussi à opposer les Juifs à toutes les races : bientôt, même les Chinois seront de la partie. Avant, dans les quartiers, c’était Juifs versus Arabes. Maintenant, ça ne fait plus rire personne. Toutes les communautés sont en guerre contre les Juifs et je n’accepte pas ça.

Christine Angot : L’air du temps veut imposer l’idée que la violence faite aux Juifs n’est pas plus grave que la violence commise contre d’autres groupes. Sauf qu’il y a une spécificité particulière. Personne ne veut plus l’entendre. Cette volonté de nier la spécificité juive et la spécificité de la Shoah n’est pas propre au rap. Cette musique est juste un reflet de ce déni.

Doc Gynéco : Je veux en revenir à ce que représente la mort pour les jeunes de banlieue. Quand ils voient des fours et des charniers, ils adorent cela ! Dans leur portable, ils conservent les scènes d’égorgement, de tueries, de carnage. Il faut accompagner l’histoire de la Shoah du récit explicatif d’un professeur qui explique les images, sinon ça va finir sur les portables….

David Reinharc : Vous étiez le seul goy à la manifestation après la mort d’Ilan Halimi, premier meurtre antisémite après Auschwitz.

Doc Gynéco : Pas un rappeur n’a regretté cet acte de barbarie. Jamais Skyrock n’a fait passer un message. Ils utilisent tous ça : faites attention à eux. A cette époque, dans les banlieues, personne n’avait encore réussi à mobiliser les Noirs contre les Juifs. Mais dès le meurtre d’Ilan Halimi, j’ai su que ceux qui attisent la haine avaient gagné : ils ont montré le visage noir de Fofana, le «chef des Barbares».

David Reinharc : On connaît aussi votre attachement à Israël…

Doc Gynéco : On ne peut plus revendiquer dans un quartier l’attachement à la France, mais à Israël, c’est pire. C’est dur d’avoir un ami feuj en banlieue : tu vas te battre au moins dix fois pour lui….

Christine Angot : C’est dur dans un quartier mais aussi partout ailleurs. Dans toutes les situations difficiles, il y a un choix à faire : à chaque fois que des gens s’opposent, qu’il y a un conflit douloureux, il faut choisir son camp… Or, des tas de gens refusent de choisir. Mais on choisit quand même : les gens qui n’ont pas choisi Israël ont forcément choisi l’autre camp.

Doc Gynéco : Si dans un quartier, je marche avec un Juif qui répond à cette violence, s’il s’inscrit dans le rapport de force – je veux dire : il retire son tee-shirt et il se bat – c’est différent, ils le respectent. Dans les banlieues, ils ont besoin de te tuer en vrai quand ils ont un problème. De voir le sang. On n’est pas là-bas dans un salon littéraire…

David Reinharc : Vous préconisez la violence comme moyen légitime pour les Juifs de répondre à l’hostilité ?

Doc Gynéco : Pour avoir pratiqué ces gens-là, je peux vous dire qu’ils sont en guerre.

David Reinharc : C’est qui, « ces gens-là » ?

Doc Gynéco : Ceux qui ont besoin de tuer du Juif. Pour ceux-là, c’est la guerre à l’intérieur de nos frontières. Regardez Ilan : tout le monde savait. Des filles, des garçons : on va loin, là. Tous complices : des trentaines de personnes étaient là, personne n’a bronché. Les Juifs doivent savoir se défendre comme ils l’ont toujours fait : c’est la guerre, vous savez. A un moment donné, il faut se battre : il ne faut pas avoir peur de se montrer violent. J’ai connu des Juifs réputés parce qu’ils se sont défendus chaque fois. Tout le temps. Ils sont respectés.

Christine Angot : Si vous regardez "Le chagrin et la pitié", on est encore dans la même France.

David Reinharc : Il y aurait une violence plus légitime que la violence légale, celle de l’Etat ?

Doc Gynéco : Par exemple, au stade du Parc des Princes, lorsqu’ils ont trié les spectateurs et qu’ils se sont rangés en deux files pour les enserrer. Ils demandaient à chacun : « Êtes-vous Juif ? » ; et selon moi, il fallait dire : « oui ».

David Reinharc : « Oui », ça voulait dire se battre…

Doc Gynéco : Voilà. Mais je ne sais pas si c’est physiquement ou autrement. C’est les deux.

David Reinharc : C’est d’ailleurs un policier noir qui a sauvé un supporter Juif de la mort…

Doc Gynéco : Je suis fier de ça.

David Reinharc : Comment expliquer que les Juifs ont déserté la guerre qui leur est faite ?

Doc Gynéco : Il faut le savoir : les humains en face de vous n’ont pas nécessairement les mêmes données que vous dans le cerveau et sont peut-être plus portés sur la violence que vous…. Il faut revenir à l’époque du Roi David. Car, en face de vous, ils ont compris que vous parlementez, négociez, pinaillez. Il n’y a pas à se justifier. Il vaut mieux se battre, c’est certain. Ilan Halimi est mort, premier meurtre après Auschwitz, me disiez-vous. Mais si quelqu’un en banlieue avait été tué durant les émeutes, ils en auraient fait des chansons, des clips, des albums. Pour Ilan Halimi ? Pas une chanson, rien.

David Reinharc : En hébreu, face à la violence qui monte toujours d’un cran, on dit : on leur pisse dessus, ils disent qu’il pleut. C’est votre impression ?

Doc Gynéco : Après le meurtre d’Ilan Halimi, j’attendais au moins une chanson. Je pensais que les rappeurs allaient s’exprimer là-dessus. Rien. Omerta.

David Reinharc : Au lieu du « Jusqu’ici, tout va bien » des Juifs, concrètement, que feriez-vous ?

Doc Gynéco : C’est la guerre contre le silence.

David Reinharc : Sur Israël, vous pensez qu’il y a une paix possible avec le Hamas ? Ou bien qu’aujourd’hui comme hier et demain, la paix n’aura jamais lieu parce que le monde est en guerre contre les Juifs ?

Christine Angot : La vulgate, aujourd’hui, c’est d’être contre Israël. Dans une conversation ordinaire, le rejet d’Israël, c’est ce qu’on peut dire à haute voix, sans problème.

Doc Gynéco : Il fallait bien pour les Juifs un endroit pour se réfugier. Un terrain leur a été offert. C’est dommage que ce soit là, au niveau géographique, entouré de pays hostiles.

David Reinharc : Ailleurs que dans le berceau du peuple juif, ça aurait changé quelque chose...?

Doc Gynéco : C’est là qu’on voit qu’il faut se battre.

Christine Angot : Mais pourquoi les Juifs devraient se battre seuls, pour eux-mêmes? Les Juifs représentent tout le monde, toute spécificité, la spécificité de l’humain.

David Reinharc : Pourquoi les Juifs plus que les autres ?

Christine Angot : Parce que. C’est un peuple à part, que ça plaise ou non. Ils ne sont pas pareils, il y a une spécificité qui n’est pas comparable aux autres spécificités. Quelque chose d’unique qui nous représente tous.

David Reinharc : Et dès qu’ils ont voulu toucher à l’universel, ils ont accosté sur les rivages nauséeux du communisme…

Christine Angot : Nauséeux ! Quelle bizarre expression ! [4].

Doc Gynéco : Tous les peuples qui ont souffert ont commis cette erreur.

Christine Angot : Mais moi, je ne parle pas d’universel. Mais de spécificité. Il ne faut accepter ni le déni de la spécificité du peuple juif ni celui de la Shoah.

Doc Gynéco : Les Juifs sont un peu, par la force des choses, errants. Mais à un moment, ils se sont posés, parfois plus de trois cents ans. A un autre moment, ils ont trouvé Israël. Parfois, il fallait se battre, parfois ce n’était pas la peine. Aujourd’hui, c’est une époque où les Juifs doivent se battre. C’est clair. Sinon, vous reviendrez à l’époque de Salomon.

Christine Angot : Ce n’est quand même pas un hasard si le génocide intervient après l’invention de la psychanalyse par Freud. Tout s’est passé comme si c’était ça qu’on était venu punir. La découverte de l’inconscient. Ils n’ont pas supporté ça, pour le coup, ils ont voulu tous les tuer.

David Reinharc : C’est important de dire cela, car la vague d’antisémitisme actuel coïncide avec l’attaque en règle contre la psychanalyse. Le Livre noir de la psychanalyse se réfère au Livre noir, ce recueil de témoignages sur les atrocités nazies contre les Juifs d'URSS et de Pologne, rassemblés par Vassili Grossman. La boucle est bouclée.

Christine Angot : Je n’avais pas pensé au fait que le Livre noir de la psychanalyse se référait explicitement au Livre noir de Grossman. Donc, là, c’est la preuve.


David Reinharc
© Israël Magazine
Texte libre est de droits si sont cités la source et l’auteur.

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

[1] Un blogue est consacré à cette écrivaine.

[2] Le Chagrin et la Pitié : Chronique d'une ville française sous l'Occupation, film documentaire épique de quatre heures et demie sur l'occupation allemande de la France pendant la seconde guerre mondiale, fut projeté récemment au festival du film de Sydney. Sorti il y a trente ans à Paris, ce film qui est maintenant distribué en DVD, est considéré à juste titre comme un des documentaires les plus importants du cinéma et parmi les rares films qui révèlent la collaboration de la classe dominante française avec l'Allemagne nazie de 1940 à 1944. (Extrait de "Collaboration et Résistance dans la France de Vichy : Le Chagrin et la Pitié, de Marcel 0phuls", sur le World Socialist Website). Voir aussi le bref article de Wikipedia sur ce film.

[3] David Reinharc est responsable, pour la France, d'Israël Magazine, correspondant du Jerusalem Post à Paris, directeur littéraire d'une maison d'édition parisienne, et journaliste.

[4] En effet, l'utilisation erronée de cet adjectif, au lieu de 'nauséabond', se répand de plus en plus, y compris chez des journalistes professionnels. En réalité, 'nauséeux' se dit de celui qui a la nausée ; 'nauséabond' se dit de quelqu'un ou d'une chose qui sent mauvais (étymologiquement, qui donne la nausée).

samedi 28 juin 2008

What I've Learned: George Carlin

Comedian, 64, Venice, California

By Larry Getlen


scan of esquire magazine article featuring comedian george carlin



I was in my mother's belly as she sat in the waiting room of the abortionist's office. Dr. Sunshine was his code name. I was fifty feet from the drainpipe, and she saw a painting on the wall that reminded her of her mother, who had recently died. She took that as a sign to have the baby. That's what I call luck.

My father drank and was a bully. For the first five years of my brother's life, my father beat him with a leather-heeled slipper. Had I been subjected to that kind of treatment, all bets are off. His absence saved my life.

My mother had great executive-secretarial jobs in the advertising business and raised two boys during the Second World War. She used to say, "I make a man's salary." That's heroism.

I'm sure Hitler was great with his family.

I used to collect the most colorful curses I heard and write them down. I actually carried in my wallet things like "kraut cunt" and "burly loudmouth cocksucker" and "longhair fucking music prick," which was a thing Mikey Flynn yelled at a Juilliard student that he was kicking in the head.

I don't like authority and regulation, and I do my best to disrespect it, but I do that for myself. It's self-expression only.

Sex without love has its place, and it's pretty cool, but when you have it hand in hand with deep commitment and respect and caring, it's nine thousand times better.

If it's morally wrong to kill anyone, then it's morally wrong to kill anyone. Period.

It's amazing to me that literacy isn't considered a right.

I was arrested for possession and cultivation of marijuana in the early '70s, and it was thrown out. The judge asked me how I felt about it, and I said, "I understand the law, and I want you to know I'll pay the fine, but I cannot guarantee I will not break this law again." He really chewed me out for that.

Censorship that comes from the outside assumes about people an inability to make reasoned choices.

The first thing they teach kids is that there's a God -- an invisible man in the sky who is watching what they do and who is displeased with some of it. There's no mystery why they start that with kids, because if you can get someone to believe that, you can add on anything you want.

I would die for the safety of the people I love.

I wish that we could measure how much the potential of the mind to expand has been stunted by television.

Because of my abuse of drugs, I neglected my business affairs and had large arrears with the IRS, and that took me eighteen to twenty years to dig out of. I did it honorably, and I don't begrudge them. I don't hate paying taxes, and I'm not angry at anyone, because I was complicit in it. But I'll tell you what it did for me: It made me a way better comedian. Because I had to stay out on the road and I couldn't pursue that movie career, which would have gone nowhere, and I became a really good comic and a really good writer.

I stopped voting when I stopped taking drugs. I believe both of those acts are closely related to delusional behavior.

There's no morality in business. It doesn't have a conscience. It has only the cash register. They'll sell you crappy things that you don't need, that don't work, that they won't stand behind. It's a glorified legal form of criminal behavior.

If everybody knew the truth about everybody else's thoughts, there would be way more murders.

There's nothing wrong with high taxes on high income.

Lenny Bruce opened all the doors, and people like Richard Pryor and I were able to walk through them.

Given the right reasons and the right two people, marriage is a wonderful way of experiencing your life.

I think that the assassinations of the Kennedys and Martin Luther King showed that all of the wishing and hoping and holding hands and humming and signing petitions and licking envelopes is a bit futile.

Blacks are deliberately kept down. Poor communities are deliberately underfunded.

I don't think people should get credit for being honest and brave. I think there's a lot of genetic shit going on there.

Someday they'll find a gene for putting on your overcoat.

There's a pulse in New York, even on the quietest street, on the quietest day. It's full of potential.

If there's ever a golden age of mankind, it will not include men over two hundred pounds beating children who are less than one hundred pounds, and it will not include the deliberate killing of people in a formal setting.

I did something in a previous life that must have been spectacularly good, because I'm getting paid in this life just magnificently, more than one would dare imagine or hope for.

Hidden Gardens of Paris


Parisians can dine at garden cafes like La Muscade at the Palais Royal.

Published: June 29, 2008

NEXT to the Palais de la Découverte, just off the Champs-Élysées, is a flight-of-fancy sculpture of the 19th-century poet Alfred de Musset daydreaming about his former lovers. As art goes, the expanse of white marble is pretty mediocre, and its sculptor, Alphonse de Moncel, little-remembered. For me, however, it is a crucial marker. To its right is a path with broken stone steps that lead down into one of my favorite places in Paris, a tiny stage-set called Jardin de la Vallée Suisse.

Part of the Champs-Élysées’ gardens, this “Swiss Valley” was built from scratch in the late 19th century by the park designer Jean-Charles Adolphe Alphand. It is a lovely illusion, where nothing is quite what it appears at first sight. The rocks that form the pond and waterfall are sculptured from cement; so is the “wooden” footbridge. But the space — 1.7 acres of semitamed wilderness in one of the most urban swaths of Paris — has lured me, over and over again. My only companions are the occasional dog walker and the police woman making her rounds.

On a park bench there, I am enveloped by evergreens, maples, bamboo, lilacs and ivy. There are lemon trees; a Mexican orange; a bush called a wavyleaf silktassel, with drooping flowers, that belongs in an Art Nouveau painting; and another whose leaves smell of caramel in the fall. A 100-year-old weeping beech shades a pond whose waterfall pushes away the noise of the streets above. The pond, fed by the Seine, can turn murky, but the slow-moving carp don’t seem to mind, nor does the otter that surfaces from time to time.

The Swiss Valley is one of the most unusual of Paris’s more than 400 gardens and parks, woods and squares. Much grander showcases include wooded spaces like the Bois de Vincennes on the east of the city and the Bois de Boulogne on the west, and celebrations of symmetry in the heart of Paris like the Tuileries and the Luxembourg.

But I prefer the squares and parks in quiet corners and out-of-the-way neighborhoods. Many are the legacy of former President Jacques Chirac. In the 18 years he served as mayor of Paris, he put his personal stamp on his city by painting its hidden corners green.

“He took some of the pathetic, shabby squares and gardens and transformed and adorned them,” said Claude Bureau, one of the city’s great garden historians who was chief gardener of the Jardin des Plantes for more than two decades. “He appreciated beauty — of women, of nature.”

Paris’s current mayor, Bertrand Delanoë, has taken over the task. In his seven years in the job, he has created 79 acres of what City Hall calls “new green spaces.” Just this month, he transformed the open space in front of City Hall into an “ephemeral garden,” a nearly 31,000-square-foot temporary installation of 6,000 plants and trees, and even a mini-lake.

Intimate, lightly trafficked and often quirky, the small gardens of Paris can be ideal places to rest and to read. The trick is to find them. You can consult “Paris: 100 Jardins Insolites” (“Paris: 100 Unusual Gardens”), a guide by Martine Dumond whose color photos make discovery for the non-French speaker a pleasure, or explore various Web sites like www.paris-walking-tours.com/parisgardens.html. Or you can simply wander on foot, confident that around the next corner there will be something new.

You’ll find spaces for listening to a concert or watching a puppet show (like the Parc de Bagatelle in the 16th Arrondissement); church gardens (like the one enclosing the Evangelical Lutheran Church in the Seventh Arrondissement); gardens with vegetable patches (like the Jardin Catherine-Labouré in the Seventh Arrondissement); oriental gardens (like the one at Unesco headquarters in the Seventh Arrondissement that was a gift of the Japanese government). There are gardens with beehives, bird preserves, out-of-fashion roses, chessboards, playgrounds, menageries, panoramic views, even a rain forest and a farm. Green spaces adjoin cemeteries, embassies, movie theaters and hotels.

Even hospitals.

I doubt that most visitors to Notre-Dame Cathedral know that inside the nearby Hôtel-Dieu complex, which is still a working hospital, is a formal garden-courtyard with sculptured 30-year-old boxwoods. The hospital’s gardener replants much of the space every May — with fuchsias, sage, impatiens and Indian roses.

From the top of the flight of steps that cuts across the garden, you can find yourself all alone, looking out through the hospital’s windows to the tourist hordes outside. Every few months, the hospital’s interns choose a different costume for the male statue at the back — at the moment, he is Snow White.

(It was Mr. Bureau who told me that some of the most peaceful gardens belong to hospitals. Gardens help cure patients more quickly, he said).

The Square René Viviani on the Left Bank across from Notre-Dame is another spot that is easy to miss. But this tranquil square features what is said to be the oldest tree in Paris — a false acacia brought to France from Virginia in 1601, and now shored up with concrete posts. Sitting on a park bench in one corner yields one of the best views in Paris — Notre-Dame on the right and St.-Julien-le-Pauvre, a tiny church built in the same era on the left.

And then there are the gardens that are the back or front yards of museums. For instance, at the cafe-garden of the Petit-Palais— with its palm and banana trees and sculptures and mosaic floors lit from below — a half dozen marble tables and metal chairs offer the ideal setting to watch the museum’s stone walls change from buff to tawny yellow as the sun moves.

Inside the museum is a portrait of Alphand (whose park designs include the Bois de Boulogne, the Parc Monceau and the Parc Montsouris, as well as the Vallée Suisse) in a top hat, his pince-nez hanging from his black overcoat.

And then there are country settings like the garden of the Musée de la Vie Romantique, once the home of the 19th-century artist Ary Sheffer, at the end of a narrow path at 16, rue Chaptal in the Ninth Arrondissement. There, you can sit among the poppies, foxglove and roses and sip tea (a cafe opens in the summer) and pretend to be George Sand, who lived nearby, and whose personal effects have been assembled in a reconstructed drawing room inside (even a lock of her hair).

On the other side of town, behind an alley at 100, bis, rue d’Assas in the Sixth Arrondissement, is the garden of the Zadkine Museum, which was once the home and atelier of the 20th-century Russian-born sculptor Ossip Zadkine. The sculpture-filled garden is much the same today as when he worked in wood and granite under its trees. “Come and see my pleasure house, and you’ll understand how much a man’s life can be changed by a pigeon house or by a tree,” he once wrote to a friend.

But gardens are not just museum pieces; they are active, integral parts of neighborhoods. For a bit of entertainment — even drama — on a sleepy weekend afternoon, I sometimes walk over to the Square Blomet in the 15th Arrondissement. It is the headquarters of the Union Bouliste, where games of boules are played with such verve that they continue under spotlights late at night.

The ivy covering the metal walls of the field is so old that the leaves have grown up to six inches wide. At the end of a long park-bench-lined corridor sits a little-known bronze sculpture by Joan Miró, who lived in poverty down the street in the atelier of a fellow Catalan sculptor.

On spring and summer Sundays, there is even more excitement at the Jardin Tino Rossi, a sliver along the Seine that turns into an impromptu dance-a-thon. For more than two decades, the informal group of singers and dancers that has been a fixture at the Rue Mouffetard outdoor Sunday market moves to Tino Rossi, along the Quai St.-Bernard, to party. After a wine-filled picnic, they take over one of the amphitheaters, and to the music of accordion, violin and saxophone, they sing and dance the musette until midnight. The star couple one recent Sunday was an older man, in a white shirt and shoes and Champagne-colored trousers, and his partner, a redhead in white ruffles and red sequined slippers.

For quiet magic, Paris insiders pass the time on the lawn and benches of the Square du Vert-Galant, a pointy-shaped spit of land that reminds me of the deck of a cruise ship. The westernmost tip of the Île de la Cité, it offers the Louvre on the right, the dome of the Institut de France on the left, the river on both sides and straight ahead.

The best way to access it is down two flights of stairs at the equestrian statue of Henri IV on the Pont Neuf. It was there, in the 1991 film “Les Amants du Pont Neuf” (released in the United States as “The Lovers on the Bridge”) that Juliette Binoche, as a homeless artist who is going blind, struggles to paint her companion’s portrait.

Even the city’s large, formal gardens proclaim hidden spaces. The vast Luxembourg Garden can overwhelm with too many joggers, sunbathers, musicians, newspaper readers, pony riders and tulip admirers. But find the 17th-century Fountain of the Medicis, named after Marie de Medicis (Louis XIV’s grandmother), an oasis of calm and shade inspired by the city of Florence and built on her instructions.

I am not much of a gardener, and the Jardin des Plantes in the Fifth Arrondissement, with its greenhouses and odd species and identifying labels, seemed too much like work. Until I met Mr. Bureau. He told me how his mother was a concierge in the neighborhood, and that he took his first baby steps in the vast garden. It was there, in fact, that he met his wife. She was a 17-year-old high school student, he a 21-year-old gardener fresh from military service. It was raining, and he offered her shelter in the gardener’s hut.

“Women always love gardeners,” he said. “We speak of roses and perfume. We can easily get their attention.”

He was readily persuaded to show off its secret corners, the gardens within the garden. After pointing out a Lebanese cedar planted in 1734, he took me up a spiraling stone walkway to a pergola of iron, copper, bronze, lead and even gold that is France’s oldest metal decorative construction.

Then we entered a concrete tunnel beneath the main garden that led to the Jardin Alpin, a craggy, flowering space that houses species from mountainous areas around the world. Deep inside is a valley with a stream and a leafy canopy that only the strongest beams of light can penetrate. "Here,” Mr. Bureau said, “is where lovers come to hide.”

EARLY on a recent morning, I went walking around the 18th Arrondissement with François Jousse, City Hall’s main lighting engineer (and a self-appointed expert on Paris), to explore more of the city’s little-known gardens, ones I had never come across in the six years I have lived in Paris. There, as in other parts of the city, squares and parks were built in a wave of democratization in the 19th century.

Mr. Jousse showed me the Square Carpeaux, where working-class families bring their kids and where table tennis is played on permanent tables. A white statue of a woman whose arm was broken off looks over the space; a pergola sits in the center of the square.

“I love this place for what it represents: an old, authentic Paris neighborhood meeting place,” Mr. Jousse said. “I call it the anti-Luxembourg.”

We stopped by the Parc de la Turlure, a series of discreet spaces that form a sort of garden-apartment — a living room of grass, a corridor with a tilleul (linden) arcade, a “bedroom” that seems to belong to oiled women in bikinis and another for boules-playing. Abutting the Sacré-Coeur Basilica, the park has a small amphitheater that faces a wall of rushing water.

From there, we headed to the wilderness of the Jardin Sauvage St.-Vincent, a 16,000-square-foot space that since 1985 has been designated by the city as a “wild” garden, where insecticides and artificial watering are banned, and some of the most unexpected vegetation in Paris — artemisias, white nettles, wild blackberries — can be found. Unfortunately, it is open only six hours on Saturdays from April through October. Sometimes not even then. It was closed that day.

But that disappointment led to another discovery: a tree- and bird-filled garden at the Musée de Montmartre just around the block at 12, rue Cortot, where Renoir painted “The Garden in the Rue Cortot, Montmartre,” an 1876 work that now hangs in Pittsburgh’s Carnegie Museum of Art. The Montmartre museum itself is in what was once a 17th-century abbey. Its collection includes photographs, posters, paintings and manuscripts documenting Montmartre’s 2,000-year history.

One room, called “Party Time,” is devoted to the laissez-faire mentality of the neighborhood when it was not part of Paris proper. “Outside the walls of the city, wine is cheaper and women are less shy,” reads an information panel. From a window there, you can look down into a working vineyard no bigger than a basketball court, lovingly adorned with hostas, ferns, pansies and primrose. Purple phlox spill over a wall; wisteria drapes over a fence. (Its grapes, harvested every fall, are said to make the most expensive bad wine in the city.)

Mr. Jousse left his favorite for last: les Jardins du Ruisseau, which are not really gardens at all, at least not in the classic sense. They are a series of narrow spaces along a defunct railway track heading east out of Paris where residents have planted flowers, fruit trees, vegetables and herbs in pots.

You can look down into the space — and at its bold graffiti-painted walls. Except for special events or tours organized by City Hall, the metal door leading to a staircase down into the “gardens” is padlocked. But the 300 members of the garden association have keys.

So Mr. Jousse and I stopped by the Rez-de-Chaussée bistro at 65, rue Letort a few blocks away, and the owner, Thierry Cayla, gave us a key. Over lunch at the bistro, we joked that perhaps Mr. Cayla should turn the gardens into a tourist attraction by preparing picnic baskets for visitors.

But then, at 16.90 euros for a three-course meal, you would miss the chance for one of the best bistro bargains in Paris.

WHERE TO FIND THE FLOWERS

The locations and summer hours for some of Paris’s hidden gardens:

Vallée Suisse is in the Garden of the Champs-Élysées, at the junction of the Cours de la Reine, Cours Albert 1er and Avenue Franklin D. Roosevelt, Eighth Arrondissement. Open daily 24 hours.

Jardin Tino Rossi, Quai St.-Bernard, Fifth Arrondissement; open Monday to Friday from 8 a.m. to dusk, and Saturday and Sunday, from 9 a.m. to dusk.

Jardin Catherine-Labouré, 29, rue de Babylone, Seventh Arrondissement; open Monday to Friday from 8 a.m. to 9:30 p.m. and Saturday and Sunday from 9 a.m. to 9:30 p.m.

The Japanese garden at Unesco headquarters, 7, place Fontenoy, Seventh Arrondissement, is open by reservation only; call 33-1-45-68-03-59.

Clos Montmartre, 14-18 rue des Saules, 18th Arrondissement; open only during the grape harvest in September.

Garden of the Hôtel-Dieu, 1, place du Parvis Notre Dame, Fourth Arrondissement; 33-1-42-34-82-34; open daily 24 hours.

Square René Viviani, 2, rue du Fouarre, Fifth Arrondissement; Monday to Friday from 8 a.m. to 8:30 p.m. and Saturday and Sunday from 9 a.m. to 8:30 p.m.

Petit-Palais, Avenue Winston Churchill, Eighth Arrondissement; 33-1-53-43-40-00; the garden is open every day except Monday from 10 a.m. to 5:30 p.m.

Musée de la Vie Romantique, Hôtel Scheffer-Renan, 16, rue Chaptal, Ninth Arrondissement; 33-1-55-31-95-67; the garden is open every day except Monday from 11 a.m. to 6 p.m.

Musée Zadkine, 100 bis, rue d’Assas, Sixth Arrondissement; 33-1-55-42-77-20. The garden is open daily except Monday from 10 a.m. to 6 p.m.

L’Union Bouliste du 15ème, 43, rue Blomet, 15th Arrondissement; 33-1-45-66-87-21; through Aug. 31, open Monday to Friday from 9:30 a.m. to 9:30 p.m. and Saturday and Sunday from 9 a.m. to 9:30 p.m.

Jardin des Plantes has several entrances: Rue Auguste Conte, Rue Cuvier, Rue Buffon, Rue Geoffroy-St.-Hilaire or the Place Valhubert. Open daily from 7:30 a.m. to 7:45 p.m.; 33-1-40-79-56-01; www.mnhn.fr.

Square Carpeaux, 23, rue Carpeaux, 18th Arrondissement; open Monday to Friday from 8 a.m. to 9:30 p.m. and Saturday and Sunday from 9 a.m. to 9:30 p.m.

Parc de la Turlure, Rue de La Bonne or Rue du Chevalier de la Barre, 18th Arrondissement; open Monday to Friday from 8 a.m. to 9:30 p.m. and Saturday and Sunday from 9 a.m. to 9:30 p.m.

Jardin Sauvage St.-Vincent, Rue St. Vincent, 18th Arrondissement; 33-1-43-28-47-63; open only on Saturdays from 10 a.m. to 12:30 p.m. and from 1:30 p.m. to 6:30 p.m.

Les jardins du Ruisseau, next to 110, rue du Ruisseau, 18th Arrondissement; www.lesjardinsduruisseau.org, are not generally open to the public; if one of the members of the association is in, it may be open. You can make an appointment by sending an e-mail message to contact@lesjardinsduruisseau.org.

THE COUNTRY LIFE IN THE CITY

From hidden courtyards to tucked-away garden cafes, Paris offers hundreds of dining spots where the verdant surroundings might make you forget you’re in a city.

WHERE TO EAT

La Maison de l’Amérique Latine (217, boulevard St.-Germain, Seventh Arrondissement; 33-1-49-54-75-10; www.mal217.org) serves classic French cuisine in an elegant “jardin à la Française,” tucked behind two 18th-century mansions. Thirty tables under white parasols overlook two acres of manicured lawn. Expect to spend about 55 euros for dinner without wine, about $87 at $1.58 to the euro.

Les Jardins de Bagatelle (Route de Sèvres, 16th Arrondissement; 33-1-40-67-16-49) offers country dining at the edge of the city. Dinner, which might include melon soup, scallops with leek, and lemon tort, averages around 60 euros, with wine.

Le Chalet des Îles (Lac inférieur du Bois de Boulogne, 16th Arrondissement ; 33-1-42-88-04-69; www.lechaletdesiles.net): picture dinner in an island garden, in the middle of a huge park — only a few miles from the center of Paris. This rustic pink-and-green Second Empire chalet with outdoor terraces is surrounded by a lake and reachable by a minute-long boat ride. For about 50 euros, you can dine on lemon-marinated veal carpaccio with vegetables and mozzarella.

Le Saut du Loup (107, rue de Rivoli, First Arrondissement; 33-1-42-25-49-55; www.lesautduloup.com), inside the Musée des Arts Décoratifs, has an outdoor terrace overlooking the Louvre. Lunch might include gazpacho, steak with polenta and ice cream for around 40 euros.

La Muscade (36, rue de Montpensier, First Arrondissement; 33-1-42-97-51-36; www.muscade-palais-royal.com) has 30 or so tables scattered near the garden of the Palais Royal, with a lovely views of the garden’s row of lime trees. A sandwich costs about 10 euros.

Café Lenôtre (10, avenue des Champs-Élysées; Eighth Arrondissement ; 33-1-42-65-85-10; www.lenotre.fr) offers chic snacking in an elegant green setting. A club sandwich with a salad goes for 14.50 euros.

WHERE TO STAY

At the deluxe Hospes Lancaster (7, rue de Berri, Eighth Arrondissement ; 33-1-40-76-40-76; www.hotel-lancaster.fr), not far from the Arc de Triomphe, ask for a room overlooking the courtyard garden. The garden is small, but with its cork oaks and jasmine-embalmed Japanese purity, this is an exquisite refuge. A standard room costs 490 euros.

Hôtel des Grandes Écoles (75, rue du Cardinal Lemoine, Fifth Arrondissement; 33-1-43 26-79-23; www.hotel-grandes-ecoles.com) is in the Latin Quarter. It comprises three houses surrounding a beautiful flower garden. Doubles are 113 to 138 euros.

— Maia De La Baume

ELAINE SCIOLINO is a correspondent for the Paris bureau of The Times.